« Je crains les Grecs même lorsqu’ils apportent des cadeaux » : le « partenariat » client-fournisseur

Introduction

Il y a quelques années, le « partenariat » client-fournisseur a commencé à devenir à la mode dans l’industrie automobile.

Cette définition m’a toujours rappelé le « viens ici et je ne te ferai rien… » affectueux que nous avons tous entendu au moins une fois dans notre vie de la part de nos parents ou qu’avons nous mêmes adressé à nos enfants.

Mais de quoi s’agit-il ?

Le « partenariat » dans le secteur automobile

Simplement, de la tentative de faire bénéficier l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement d’économies importantes, grâce au partage de leur savoir-faire par les constructeurs.

Comment ?

Exactement grâce à l’approche paternaliste de tous ceux d’entre nous qui commencent à donner de bons conseils lorsqu’ils ne peuvent plus montrer le mauvais exemple.

En d’autres termes, à une époque de vaches maigres, se trouvant dans la situation de devoir réduire leurs coûts, les constructeurs ont commencé à externaliser les phases de transformation à plus faible valeur ajoutée afin d’obtenir de meilleurs résultats à des prix réduits.

L’étape suivante a consisté à encourager la délocalisation de ces étapes vers des pays à faible coût de main-d’œuvre.

Et la dernière étape a consisté à proposer un « partenariat » à ceux qui ne pouvaient pas suivre ce flux migratoire, souvent pour des raisons logistiques dictées par la nécessité d’assurer la proximité avec le client.

Le partenariat fonctionne de la manière suivante : je trouve des économies parmi VOS coûts et vous me rendez la moitié du gain sous forme de réduction de prix.

  • Médecin : « Où avez-vous mal ? (c’est-à-dire « pourquoi ne pouvez-vous pas me garantir des prix plus bas ? »)
  • Patient à la voix tremblante : « Ici… » (en indiquant généralement les coûts fixes, principalement ceux de personnel)
  • Le médecin : « Si ce n’est que ça, j’ai la solution : amputer. »
  • Patient : « Mais comment amputer ? J’ampute depuis des années, je n’ai plus rien à amputer. »
  • Le rapport médicale dira alors : « Le patient est gravement malade mais ne comprend pas le diagnostic. Libérer la place pour des patients en meilleure santé ».

Je me souviens qu’au milieu de la crise automobile en 2010, à une époque où il ne méritait que de grands éloges, des hagiographies pompeuses et même un rôle de super héros de bande dessinée, Carlos Ghosn, directeur de Renault – Nissan, se plaignait que la filière des sous-traitants français (malgré la mise en place de ce fameux « partenariat » depuis des années) maintenait un niveau d’inefficacité de 25%.
Prétendant au passage à des aides d’État substantiels.

Conclusion

En réalité, les relations client-fournisseur sont exclusivement dictées par le pouvoir de négociation, et le fait d’avoir toutes ou aucune carte à jouer fait une sacrée différence.

Dans ce cas il y a très peu d’armes pour se défendre.

En grandissant dans un petit village touristique, j’ai remarqué comme ceux qui viennent des grandes villes avec la prétention d’enseigner aux autres comment vivre sont les premiers à être régulièrement trompés. Ainsi va la vie.

Le mensonge et le contournement restent donc les premières barrières des petits contre le tristement célèbre « partenariat » proposé par les plus grands.

Les activités à faible intensité capitalistique peuvent éventuellement se concentrer sur les activités de « rupture » pour faire de l' »agilité » leur point fort.

En étant capable, souvent avec l’aide de nouvelles technologies ou de l’intelligence artificielle, de trouver des façons innovantes de faire les choses.

Le même exercice est beaucoup plus difficile à mettre en place pour ceux qui ont besoin d’énormes investissements en machines et en immobilier, dits « à forte intensité de capital ».

La recherche d' »agilité » pour eux se traduit souvent par des traitements d’amaigrissement sans fin et inefficaces, comme ceux qui enchaînent régulièrement ceux de mon âge… toujours avec de mauvais résultats.